Programme de l’Année académique 2017-2018

 

 

librairie

Rappelons que ces cours de théologie sont ouverts à tous ceux, clercs et laïcs, qui souhaitent apporter plus de lumière à leur itinéraire spirituel. La diversité des thèmes traités, pour composer une formation équilibrée de niveau Licence, permet aussi de choisir, si l’on manque de temps ou si l’on ne se sent pas encore prêt à suivre un cursus complet, la ou les disciplines que l’on souhaite aborder.
S’il le désire, chaque étudiant ou futur étudiant peut demander un entretien avec un professeur ; il sera le bienvenu – et bien sûr un complément d’informations au secrétariat..
À chacun d’entre vous nous souhaitons une année fructueuse, épanouissante et salutaire.

 

Hubert Ordronneau, Doyen de l’Institut.

 

 

 


COURS ORAUX en soirées

 

les lundis, mercredis de 20 h 15 à 22 h 15


Premier Semestre
Du lundi 9 octobre au mercredi 20 décembre 2017 et du lundi 8 au mercredi 31 janvier 2018
Deuxième Semestre
Du lundi 5 février au mercredii 21 mars et du lundi 9 avril au mercredi 30 mai 2018

 

 

Lundi (tous les 15 jours en alternance)

Prêtre Vincent Tanazacq
Liturgie : La Gestuelle liturgique.
Évêque Benoît
1 - Dogmatique : L’économie du Verbe, l’économie de l’Esprit-Saint (suite du cours professé en 2016-2017).
2 - Histoire de l’Église : Églises d’Orient et d’Occident au XIX ème siècle (suite du cours professé en 2016-2017).

 

Mercredi (tous les 15 jours en alternance)

Archevêque Germain
1 - Théologie dogmatique et Patristique : Initiation à la Théologie (suite du cours professé en 2016-2017).
2 - Spiritualité - Praxis et theoria : La sagesse pratique du Sermon sur la Montagne (suite du cours professé en 2016-2017).  
Hubert Ordronneau, doyen
Ier semestre
1 - Patristique : Grégoire de Nazianze, Discours 22, 3ème discours sur la paix (suite du cours professé en 2016-2017).
2 - Écriture Sainte - Exégèse : Le Livre de Tobit (suite du cours professé en 2016-2017).
2ème semestre
Écriture Sainte - Exégèse : L'Exode.

 

 

WEEK-ENDS théologiques

 

le vendredi, de 20 h 15 à 22 h 15
le samedi, de 9 h 30  à 12 h 30  et de 14 h à 18 h
le dimanche, de 14 h à 16 h 30

 

 

 

3, 4 et 5 novembre 2017

Jean-Siméon Rocher, administrateur de l’Institut
Philosophie

 

9 décembre 2018

Dixième « Journée Kovalevsky », consacrée à Monseigneur Irénée Winnaert.

 

16, 17 et 18 mars 2018

Jean-Siméon Rocher, administrateur de l’Institut
Philosophie

Monseigneur Germain, recteur de l’Institut
Droit canon

 

27, 28 et 29 avril 2018

Jean-Siméon Rocher, administrateur de l’Institut
Philosophie

Monseigneur Germain, recteur de l’Institut
Droit canon

 

 


Présentation détaillée des cours.

 

 

Prêtre Vincent Tanazacq - La Gestuelle liturgique


La gestuelle liturgique obéit à des lois qui constituent une science plus que méconnue.Le clergé célébrant est hélas fort ignorant, tout en croyant connaître certains usages transformés en lois qui ne sont que des habitudes.

Notre approche sera descriptive, tentera d’établir ce qui relève du bon sens, de l’observation et de l’imitation avec discernement, et de suivre avec attention et application tout particulièrement les rythmes et les enchainements.


Évêque Benoît - L’économie du Verbe, l’économie de l’Esprit-Saint (suite du cours de l’année 2016-2017).

Nous poursuivons cette année le cours de dogmatique commencé l’an dernier, avec l’ambition de nous approcher de la compréhension, avec une parole qui restera  toujours imparfaite, de la « confession de la vérité révélée par les dogmes », selon la formule de l’évêque Jean, confession de la vérité qui nous ouvre à la vie.

En introduction, nous avions considéré le mot « économie » qui est un terme du monde, mais aussi un terme utilisé dans le Nouveau Testament, et par le Christ Lui-même dans plusieurs paraboles comme celle de « l’économe infidèle ». Si les systèmes économiques ont pour but la planification, la distribution et l’accroissement des richesses terrestres, l’économie divine a pour but un enrichissement pour l’homme et la création. L’économie divine est « l’économie de notre salut, la gérance et l’organisation de la maison de Dieu, c’est-à-dire du monde. Et c’est Dieu qui est l’économe de cette maison, qui la gère » (évêque Jean).

Cette œuvre du salut est du Père, par le Fils, dans le Saint-Esprit. Elle a pour base cette parole précieuse de nos Pères : Dieu devient homme pour que l’homme devienne dieu ! Incarnation par le Verbe, déification dans le Saint-Esprit. Nos textes liturgiques parlent de ces deux Paraclets qui viennent de la source paternelle : l'un pour être comme nous, l'autre pour habiter en nous.

Le Fils devient comme nous pour sauvegarder la nature humaine, l’enrichir en l’unissant à Lui, en un rapport parfait à la nature divine. Il se limite dans le temps et l’espace : son œuvre - mort et résurrection - imprime au sein de l’humanité la capacité, le pouvoir d’être une nouvelle créature.
L’Esprit-Saint, œuvrant conjointement avec le Père et le Fils, habite en nous tout en se cachant de nous. Il ne vient pas en son propre nom, mais pour rendre témoignage au Fils : Il adapte l’homme à Dieu, nous donne de « savoir » Dieu, faisant de Dieu - pour les hommes - le sujet d’une quête qui illimite l’homme.

Le Fils en s’incarnant unit la nature divine à la nature humaine ; dans l’Esprit-Saint l'homme  est déifié et les personnes sont révélées.  
Les paroles de la Bible, de la liturgie et de la tradition des Pères nous aideront à approfondir ce mystère vivifiant.


Évêque Benoît - Églises d’Orient et d’Occident au XIXème siècle (suite du cours de l’année 2016-2017).

Ce cours est la continuation du cours de l’an dernier, l’histoire de l’Église de ce siècle que nous avons fait commencer à l’année 1789 et que nous voulons terminer en 1914, début de la Première Guerre mondiale. L'industrialisation et ses inventions de tous ordres, la «  démocratisation  » et tous les élans de libération des pouvoirs (jusqu’à remettre en cause le pouvoir divin et la tutelle de l’Église), le nationalisme qui a vu les nations s’affranchir des empires sont des tendances fortes qui influencent la vie de l’Église.

Nous avons rencontré, au cœur de la Révolution française, la figure de l’abbé Grégoire, réformateur de l’Église de France et dans l’Église d’Orient, le renouveau philocalique qui cherche la lumière intérieure alors que l’Occident veut s’affranchir de Dieu et s’appuyer sur les lumières de la raison. Nous avons vu l’Église de Rome, toujours marquée par un centralisme fondé sur l’apôtre Pierre (ce qui la mènera à proclamer en 1870 le « dogme » de l’infaillibilité pontificale), alors que les Églises d’Orient défendent l’esprit de l’Église indivise, notamment dans l’encyclique des patriarches orientaux de 1848. Nous avons examiné le trouble causé par la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par Rome en 1854 qui introduit une confusion au sein du mystère de Marie, Vierge et Mère.
Il nous reste à examiner d’autres questions de ce siècle, et notamment :

      • à l’Orient de l’ancien Empire romain, à la faveur des mouvements d’émancipation, la liberté retrouvée, des Églises de Grèce, de Roumanie, de Serbie, de Bulgarie (avec le conflit  entre l’Église de Constantinople et les Bulgares, et la condamnation de la soit disant hérésie phylétiste, fustigée lors du concile de 1872 dont les actes mériteront une relecture) ;
      • en Occident, la crise de conscience que l’on appellera « modernisme ». Les modernistes ont été engendrés par un amour dévoué pour l’Église et, d’autre part, par le malaise qu’elle communique à ceux qui sont portés par un élan idéaliste ;
      • la sainteté présente aussi dans l’Occident chrétien, si l’on considère par exemple le personnage remarquable que fut le saint curé d’Ars (né au ciel en 1853) ;
      • enfin en France, les prémices de la renaissance de l’Église orthodoxe occidentale, avec le mouvement gallican qui poursuit son chemin, et les figures du père Gratry qui éleva sa voix puissante contre l’infaillibilité papale et du père Vladimir Guettée qui choisit de devenir archiprêtre de l’Église russe.

Archevêque Germain - Initiation à la Théologie (suite du cours de l’année 2016-2017).

L’Évangile dit (Jn 8, 32) : « La vérité vous rendra libres » ! En ce temps, où, en France partiulièrement, la liberté tend à disparaître, il semble indispensable à tout homme - même et surtout chrétien (sic) - de mener une quête incessante de la vérité et d’en recueillir les fruits : la liberté.

Sur ce chemin, on trouvera cet autre propos du Christ (Jn 14, 6) : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». En le greffant à Lui qui est aussi (Jn 1, 14) « plein de grâce et de vérité », en même temps que (Mt 11, 29) « doux et humble de cœur », on recevra la sève de la parole révélatrice. Qui peut, en effet, parler de Dieu sinon Dieu et ceux auxquels Il se révèle ?

En entendant et en écoutant le Fils de Dieu qui, en même temps est fils de l’homme, nous encemençons notre être de son Verbe. Alors la vérité pourra paraître et mener vers la vraie liberté.

L’enseignement de cette année 2017-2018 s’attachera ainsi à essayer de penser comme Dieu pense par l’étude des termes et verbes tels que : révélation, grâce et vérité, théologie, tradition…, en s’appuyant sur l’Évangile, la tradition primordiale, les Pères de l’Église et l’expérience de la vie en Christ des saints tels que Jean l’Évangéliste, Jean de Cronstadt, Jean de Shangaï, Jean de Saint-Denis… que nous nommons théologiens, non pas d’école, mais élus de l’Esprit-Saint.


Archevêque Germain - La sagesse pratique du Sermon sur la montagne (suite du cours de l’année 2016-2017).

 

Sur la Montagne, le Christ enseigne tous, y compris les disciples immédiats, sur l’acquisition de la paix et du bonheur quotidien. Dans la longue marche de l’humanité hors du paradis originel, Jésus discerne cinq étapes (meurtre, adultère, parjure, talion, haine de l’ennemi) qui ont enchainé progressivement l’homme aux éléments du  monde cosmique et à la volonté de l’esprit sous ciel.

L’homme ainsi blessé se fait l’esclave de sa propre chair et des délégués des esprits malins.

Pour sortir de cette tribulation et traverser le temps et l’existence terrestre avec une certaine paix, c’est-à-dire passer de la servitude à la paix des serviteurs, le Christ donne sa méthode : ne jamais se conditionner de l’extérieur, quoi qu’il en coûte !

Cet enseignement de l’acquisition du bonheur pour vivre sera le sujet à dévoiler cette année.

 

Hubert Ordronneau - 1er semestre - Grégoire de Nazianze : Discours 22, 3ème discours sur la paix (suite du cours de l’année 2016-2017).


Dans ce troisième discours consacré au thème de la paix, Grégoire de Nazianze, dit le Théologien, s’exprime à une période où triomphe le christianisme. À ce titre il fait figure de témoin privilégié des « transformations qui dessinent le monde romain chrétien » de Constantin à Théodose, période souvent appelée « le tournant constantinien ».

Témoin de premier plan, il l’est en effet car il est né en 330, et son œuvre trouve sa justification et sa place dès le règne de l’empereur Julien, dit Julien l’Apostat (361 - 363), puis de Jovien (363 - 364), de Valens (364 - 378) et enfin de Théodose 1er  le Grand (379 - 395). Grégoire meurt en 390.
Sa pensée et son talent oratoire s’imposent donc dans l’Église de Cappadoce pendant trente ans. À la mort de l’empereur Valens, il est appelé à Constantinople par Théodose, et il sera amené à présider le concile de Constantinople de 381.

Si ce temps est une période faste pour le christianisme, la plupart des Églises sont pourtant entre les mains des ariens, et on devine par là les dissensions qui éclatent et déchirent la communauté chrétienne.      
On pressent alors la teneur du message que veut délivrer  Grégoire en dispensant une parole de paix dans ce discours, qui s’apparente à une longue homélie : retrouver la concorde entre tous les hommes qui se disent chrétiens. La tradition s’accorde à dire qu’il s’emploie à « apaiser une division qui s’était allumée entre les orthodoxes de Constantinople ». Division sans doute étroitement liée aux querelles apollinaristes, qui défendent la thèse que le Christ ne portait qu’une nature, divine, et qu’Il n’avait pas d’âme humaine. Sujet crucial qui entache radicalement d’hérésie l’Incarnation de Dieu en la personne de son Fils, et la rédemption de l’humanité par la personne divino-humaine du Christ. Grégoire s’emploie alors méthodiquement, comme il sait le faire, à désamorcer ce conflit qui menace l’unité de l’Église chrétienne. Esquissons le plan de ce discours.

    • La mésentente entre chrétiens est un contre exemple du précepte fondateur du christianisme.
    • On ne peut y remédier qu’en prenant conscience de la subjectivité et de la versatilité de nos opinions. Ce qui relativise notre intransigeance.
    • La mésentente, par son contre exemple, rend suspecte la doctrine chrétienne et réduit son influence.
    • La bienveillance réciproque corrige notre intolérance, la malveillance la renforce. 
    • Discerner ce qui relève de la discussion, ce qui est à la portée de notre intelligence, et ce qui est d’un autre ordre et appelle foi et enseignement.
    • Discerner les questions fondamentales pour la justesse doctrinale, et celles qui sont périphériques et de moindre importance.
    • Discerner enfin ce qui relève de la foi et ce qui relève de la stricte démarche rationnelle.
    • Le dernier chapitre dénonce l’ultime piège de nos erreurs : amour-propre et ambition.
      Ce discours se révèle être ainsi un portrait de l’âme humaine, aux prises avec les tentations du monde qui nous détournent de notre vocation première, trahie par Adam et Ève, et restaurée par l’Incarnation du Fils de Dieu.

Hubert Ordronneau - 1er semestre - Le Livre de Tobit (suite du cours de l’année 2016-2017).

Le livre de Tobit se lit comme un conte, une belle histoire, édifiante ici, inquiétante là, qui montre que son auteur était un maître du savoir-raconter, un véritable artiste de l’écriture. Mais ce livre se trouve faire partie des Écritures, deutérocanoniques certes, mais il y figure tout de même au rang des livres inspirés.

Alors quel est le dessein de son auteur ? Historique ? Pas vraiment, puisqu’il est avéré aujourd’hui que les éléments historiques représentent seulement la mise en place d’un décor, même si ce décor est celui, hautement symbolique, de l’Exil à Ninive et à Ecbatane (734 - 612) ;  en effet le livre semble pouvoir être daté des années 200 av. J.C. et le trompe l’œil historique qui met le récit à distance de ses lecteurs vise à lui conférer l’autorité qui fait défaut aux œuvres contemporaines de ce type.

En vérité l’ouvrage, en se référant notamment à l’histoire d’Ahikar le Sage, qui faisait partie d’un corpus légendaire venu d’Égypte et connu des Grecs, concentre par son habileté narrative et sa force spirituelle toutes les qualités de la légende sapientielle. Cette expression sera donc notre guide ; en effet, le mot de « légende », si on le traduit strictement pour en garder la portée du substrat, désigne « ce qu’il faut lire ». Lisons-le donc.
D’abord l’ouvrage veut faire voir, comme dans une épiphanie instructive et exemplaire, comment Dieu  vient secourir les siens dans la détresse, c’est-à-dire apprendre aux hommes à débusquer, derrière l’écran de ce qu’ils appellent le hasard, le dessein de Dieu. En somme faire entrevoir à l’homme l’économie divine et le hisser du même coup  à la hauteur du projet divin, s’il le veut.

Deuxième axe important à suivre : le rôle des anges à partir de la révélation de l’ange Raphaël qui saisit ses auditeurs. L’homme s’éveille ainsi à une dimension supérieure en comprenant que les anges sont partie prenante de sa vie. Ils sont « les exécuteurs des desseins de Dieu ».
Il est important aussi de repérer la parenté des préceptes de sagesse du Roi Ahikar, inspirée de l’intelligence et du cœur, et de ceux que recommande la loi mosaïque inspirée par Dieu, et qui assure au juif son identité spirituelle quels que soient sa vie et ses tribulations.
Dans le droit fil de cette remarque, notons encore : le sens du mariage, anneau sacré à la force identitaire, par lequel se maintient la cohésion de la famille et de la nation, et se transmet l’héritage spirituel.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des enseignements, nous nous attacherons à la qualité de la prière de cette famille, qu’elle soit dans la détresse ou la jubilation. En effet, comment ne pas être frappé par cette disponibilité du cœur prêt à accepter ce que Dieu lui envoie.
Il n’est pas vain de préciser que le Livre de Tobit ne nous est parvenu qu’en traduction, en grec, au IVe siècle. C’est sur ce texte que nous bâtirons notre réflexion, parce qu’il se trouve le plus souvent justifié par les fragments - un en hébreu, quatre en araméen - de cette œuvre découverts à Qumrân.

 

Hubert Ordronneau - 2ème  semestre - Commentaire de l’Exode


La sortie d’Égypte du peuple hébreux sous la direction énergique et audacieuse de Moïse a fini par devenir, dans une sorte de fantasme universel, le symbole de la libération de toutes les formes de servitude, personnelles ou collectives, d’ordre politique ou économique, au-delà de toutes références spatiales ou temporelles.

Certes, dans le cadre de notre travail, c’est à la portée religieuse et spirituelle de cette extravagante aventure que nous attacherons notre réflexion, sans jamais oublier pourtant que cet exode désigne les exils et les libérations politiques, les asservissements et les délivrances économiques de toutes les nations, sur quelque partie du globe qu’elles vivent, nous rappelant ainsi qu’aucune d’elles ne doit être opprimée, parce qu’elle est convoquée par Dieu pour exprimer son génie et son unique histoire. Aussi sortir de l’oppression, et Israël en est l’exemple le plus éclatant, c’est sortir de l’ombre de l’autre,  accéder à sa propre histoire et rayonner. 

Notre travail s’emploiera donc à faire résonner la particularité de ce que proclame la parole de l’Exode, qui s’enracine dans l’histoire universelle, en lui conférant les lumières de l’espérance, et les actions de grâce pour la libération accomplie, car «  Dieu a secouru son peuple ».

L’Exode nous est rapporté autour de la figure charismatique de Moïse, en projetant sur lui la grandeur quasi épique d’un héros de geste : il affronte les épreuves à titre personnel et collectif, il affronte la puissance de pharaon, qu’il perçoit comme bien inférieure à celle de Dieu ; il est familier du palais du roi, puisque il a été recueilli par la fille même de pharaon, et pourtant le mystère de ses origines le fait surgir de nulle part.
Enfin, il se met à  la tête du peuple hébreu, puisqu’il est l’un des siens, et le prend en charge, à travers un espace-temps symbolique de l’indispensable purification du cœur et de l’esprit .

« Livre d’un peuple en marche » comme il est souvent dit, on peut légitiment penser cette aventure comme une itinérance libératrice, qui permet l’émergence d’un peuple, la gloire de son Dieu, et la préfiguration de l’Église. Car l’Exode c’est déjà l’Église qui se construit. De la même façon que l’homme surgit du chaos dans la Genèse, qu’il survit avec Noé pour une alliance cosmique, qu’il cherche son Canaan avec Moïse, cet homme, qui se construit au fil des siècles, à travers patriarches et prophètes, avance au milieu des tribulations qui le ramènent constamment vers Dieu après l’avoir si souvent oublié,  pour devenir capable d’accueillir le Christ et l’Église, instrument de notre salut par la plénitude de la foi.

 

Jean-Siméon Rocher - week-ends des 3 et 4 novembre 2017, 16 et 17 mars, 27 et 28 avril 2017 - Approches des fondements métaphysiques et théologiques de l’Éthique


Les cours sur l’Ethique vont se poursuivre sur plusieurs années, à travers trois grands axes : la Phénoménologie, l’Ontologie, l’Anthropologie. L’ensemble du cours s’appuie sur trois axiomes principaux.

Le premier concerne le statut épistémologique des quatre grandes sciences de l’humanité, à savoir la Physique, la Mathématique, la Métaphysique (ou Métamathématique), la Théologie.

Le deuxième axiome concerne l’intuition de l’unité absolue du réel existentiel. Entre le macrocosme et le microcosme s’affirment des correspondances réelles, si bien que s’impose aux consciences l’unité du Tout cosmique. Wladimir Soloviev, au XIXe siècle sera le premier philosophe russe à préciser sa pensée sur le sujet. Soloviev aura une influence décisive sur les Pères Florensky et Boulgakov.

Le troisième axiome concerne l’omniprésence hypostatique de l’Esprit Saint dans le monde et le cosmos entier. L’Esprit Saint organise l’Eglise du Christ glorifié sur la terre. Il est le principe de l’activité créatrice humaine, laquelle fait de l’homme un co-créateur avec Dieu. L’Esprit Saint est présent en l’esprit créé/incréé de l’homme. Cette omniprésence de l’Esprit Saint prépare la parousie.

La phénoménologie s’appuie sur les grandes catégories aristotéliciennes. Nous avons étudié jusqu’à présent la catégorie de l’espace, puis celle de la propriété ; suivront celles de la qualité, de l’action, de la quantité, de la relation, du temps, du langage. Puis suivront l’étude de l’Ontologie, puis de l’Anthropologie.

 

Archevêque Germain - week-ends des 16 et 17 mars, 27 et 28 avril 2017 - Ecclésiologie - Droit canon


L’ecclésiologie, ou connaissance des fondements et des buts de l’Église du Christ, contient aussi l’histoire de cette fondation salvatrice (l’Église). Le christianisme est certainement une religion éminemment historique ! Le Verbe et Fils de Dieu, Jésus-Christ, est entré dans le monde à une époque où l’humanité a permis cet événement unique et impensable. Dieu n’accomplit rien, en effet, que l’homme ne le Lui permette.

Avec le fondement, le but et l’histoire, on dispose de connaître le dévoilement progressif de ce qu’il est convenu d’appeler l’économie, ou travail, du Fils de Dieu pour sauver, régénérer toute l’humanité avec ses œuvres et conduire à l’accomplissement du mystère, c’est-à-dire à la révélation de la pensée divine pour la création. Cet accomplissement, vers lequel l’Église tend, a une condition : la limitation volontaire de l’œuvre du Christ (joindre Dieu à l’homme) pour laisser place, historiquement, à l’œuvre de l’Esprit-Saint (joindre l’homme à Dieu). Les tâtonnements de l’Église sur ce double chemin rendent l’ecclésiologie nécessaire pour connaître et vivre la vérité.

Pourquoi associer le droit canon (canon veut dire mesure) à l’ecclésiologie ?
L’Église étant le Temple (maison) où s’associent et vivent Dieu et l’homme, elle doit trouver ses mesures et ses caractères pour se construire en édifice vivant et vivifiant. Le canon est précisément la manière et les mesures de la construction où se rencontrent ces deux vivants, Dieu et l’humanité pour construire le Temple digne de ce nom.

La base du canon est, ainsi, le Dieu fait homme, et son but, la charité.

Comme l’Église se développe en Églises des nations et des peuples, l’instrument canonique varie au gré des temps et des lieux. Le canon est, alors, une sagesse pratique confiée aux évêques, sagesse issue de la volonté du Christ : « Allez… enseignez… baptisez… gardez… »

Cette Sagesse constructive du Temple (« La Sagesse a bâtie sa maison, elle a taillé ses sept colonnes, elle a immolé ses victimes, mêlé son vin et dressé sa table. ») exige ses matériaux :

  • - Les sept dons du Saint-Esprit : les sept colonnes,
  • - Les victimes : le pain et le vin,
  • - Le vin, le sang du Christ,
  • - La table du banquet.

Cette Sagesse mène les Églises à travers le temps et l’espace : elle est cette ève qui aide l’Adam nouveau, le Christ, sur le chemin de la vérité et de la vie. L’ecclésiologie dévoile le salut (voir Dieu) et l’image de Dieu dans la création. Le canon ajuste le Temple à se dresser et à recevoir ses hôtes, Dieu et l’homme.

 

 

 

 

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